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LES STATIONS D'UN SUCCÈS

40 années Bram City Concorde:

1947

Jean Bram commence sa carrière professionnelle à l'âge de 19 ans chez le grossiste Dupont.

1951 

À l’âge de 23 ans, Jean Bram devient indépendant et aménage sa première entreprise à la maison dans son grenier. Fondation de l'entreprise.

1957 

Déménagement dans une entreprise plus spacieuse, Place de Strasbourg.

1961 

Déménagement dans la rue zithe.

1966 

Ouverture d'un nouveau magasin dans la rue zithe avec une surface de 1000 mètres carrés.

1974 

Le 9 mai, Jean Bram ouvre le premier centre commercial City Concorde à Bertrange - Helfenterbruck ; 12 boutiques sous un toit, Bram à une surface de 4000 mètres carrés.

1982 

Élargissement du centre commercial, maintenant avec 25 magasins.

1983 

Bram dispose 35 employés.

1984 

En Décembre Jean Bram vend son magasin de confection à Konen à Munich.

1993 

Elargissement du magasin de confection Bram, au Centre commercial Concorde, de 4000 à 6500 mètres carrés; 120 employés.

1997 

Augmentation de la surface sur 8500 m².

1999 

Le City Concorde célèbre son 25e anniversaire.

2009 

Elargissement du centre commercial, avec un parking de 2500 places. Bram agrandit son magasin jusqu’à 11 000 mètres carrés. 

2014 

City Concorde fête ses 40 ans. Bram est depuis 30 ans une succursale du magasin de confection Konen KG et emploie 240 personnes.

ENTRETIEN AVEC JEAN BRAM

"Notre clairvoyance était notre force et elle a guidé toutes nos activités jusqu'à aujourd'hui."

La petite entreprise indépendante créée en 1951 dans le grenier de la maison familiale s'est développée au fil des ans pour devenir un grand espace mode de 11 000 m2 et un des plus grands centres commerciaux de Luxembourg.

M. Bram, tournons-nous vers votre longue vie couronnée de succès et l'œuvre de votre vie, Bram et City Concorde. Vous impliquez-vous encore dans les activités du City Concorde ?

Jean Bram : Certes, j'ai 86 ans, mais je ne reste pas pour autant inactif ! Pour moi, la contribution que j'apporte à City Concorde en est la confirmation, mais c'est avant tout un hobby. Quand j'étais jeune, je ne pouvais pas me consacrer à un hobby, j'étais actif du matin au soir.

En 1945, à l'âge de 19 ans, vous avez amorcé votre carrière au sein du grossiste Dupont...

Jean Bram : Oui, Armand Dupont détenait un magasin de tissu dans la rue Goethe et il travaillait en collaboration avec des tailleurs et des couturières. A l'origine, j'y ai appris mon métier au service administratif. Ensuite, j'ai ouvert mon commerce avec un représentant de commerce de M. Dupont, René Kiefer. Quelques années plus tard, nos chemins se sont séparés ; M. Kiefer a conservé l'entreprise que nous avions créée et je me suis établi en tant qu'indépendant... C'était en 1951, j'avais 23 ans.

A l'époque, les risques étaient-ils importants pour un jeune chef d'entreprise ?

Jean Bram : Ils étaient si importants qu'il n'était pas rare que je me réveille en nage pendant la nuit. Mon père avait emprunté le capital initial de 100 000 francs auprès de la « Spuerkees », il s'était porté garant, alors qu'il n'était qu'un simple cheminot qui n'avait pas d'argent.

J'ai aménagé mon magasin à Bonnevoie, dans le grenier de mes parents ! Il faut se le représenter, dans un grenier, sous le toit ! Mon bureau se situait dans notre salon, j'avais une énorme machine à écrire Continental, c'était mon service administratif !

Et ce magasin dans le grenier a été un succès...

Jean Bram : Ce fut un énorme succès. Si grand que j'ai pu déménager en 1957 près de l'ancien Economat sur la place de Strasbourg. C'était un magasin de 80 m2. J'ai su percevoir les signes du temps et j'ai arrêté de rendre visite aux tailleurs et aux couturières, car cela ne m'aurait pas permis d'avancer. J'ai débuté avec la mercerie, la bonneterie, les sous-vêtements... et j'étais le premier au Luxembourg à acheter des tricots italiens. J'ai persisté et je bénéficiais du soutien de ma femme que j'avais épousée à l'âge de 25 ans. Nous travaillions jours et nuit pour installer et faire avancer notre activité. Nous avions faim et voulions prouver qu'il était possible d'arriver à ses fins. Notre clairvoyance était notre force et elle a guidé toutes nos activités jusqu'à aujourd'hui.

Vos expériences à l'étranger vous ont également inspiré pour aboutir au succès du Shopping Center Concorde...

Jean Bram : Oui, et la clientèle luxembourgeoise a tout de suite adopté le Concorde. Il s'agissait également d'un centre commercial différent de ceux qui se trouvaient en Allemagne et qui ressemblaient plutôt à de grands hangars en pleine campagne. Certes, nous nous sommes installés en pleine nature, mais nous étions les pionniers grâce à notre centre commercial attractif, avec ses fontaines à eau et ses perroquets ; les Luxembourgeois n'en croyaient pas leurs yeux ! A l'époque, notre devise était d'ailleurs « Shop, Smile and Buy » ! Les investissements n'ont jamais cessé. En 1982, la galerie Concorde a été aménagée avec des arcs en pierre et des réverbères, et d'autres magasins sont venus s'ajouter.

C'est alors que vous avez décidé d'abandonner le magasin de textile et de vendre la marque Bram. Pourquoi ?

Jean Bram : Ma fille, Claire, qui travaillait déjà dans service administratif de notre entreprise, ne voulait pas reprendre le magasin de textile, car elle savait à quel point ses parents s'étaient crevés pour cela. Il fallait donc que je trouve le preneur approprié qui voudrait reprendre mon nom, mon établissement et la marchandise.

J'ai effectué moi-même la recherche de ce preneur approprié. Grâce aux relations que j'ai nouées via les groupements d'achats, je connaissais l'entreprise Konen de Munich. Konen constituait le partenaire idéal, une entreprise familiale sérieuse et très bien implantée. Le meilleur magasin de vêtements de Bavière et l'un des plus grands. L'entreprise de la famille Konen jouit d'une très bonne réputation et s'inscrit dans la tradition depuis plus d'un siècle. Quand M. Dr. Godl de l'entreprise Konen a repris le magasin en 1984, il souhaitait également garantir que la passation se déroulerait sans problème. C'est pourquoi ma femme et moi sommes restés actifs dans l'entreprise pendant encore un an, et ce sans rémunération. Depuis le 10 décembre 1984, Konen se présente au sein du Shopping Center Concorde sous le nom de Bram. Le magasin est devenu un pilier dans le Concorde.

Le centre commercial Concorde est géré par la « Société civile Bram Concorde », une entreprise de la famille Bram...

Jean Bram : Après la reprise de Bram par Konen, je n'étais plus impliqué dans le magasin de mode, je m'occupais cependant avec ardeur de la gestion et du développement du centre commercial, qui est et doit être un processus constant. L'année 1995 a connu un nouvel agrandissement : nous avons construit la Plaza que nous connaissons aujourd'hui sur trois étages ainsi qu'une garderie pour les enfants âgés de trois à cinq ans. De 1995 à 1996, nous avons agrandi la surface du magasin de mode Bram Concorde qui était déjà dirigé par Konen depuis plus de dix ans. Cette superficie a alors atteint 8 000 m2. Une telle surface de vente a permis à Bram de devenir unique au Luxembourg et par-delà les frontières et, aujourd'hui encore, nous veillons à cela quotidiennement. Au Concorde, le trading up continue. Ainsi, en 2001, nous avons aménagé, derrière le magasin Imac, des places de parking supplémentaires pour accueillir 500 voitures, et un passage, couvert depuis 2008, climatisé et chauffé. Tout simplement dernier cri ! En 2008, mon gendre Romain Koster a intégré notre « Société civile Bram Concorde » établie depuis 1985. M. Koster a été nommé Manager et a géré avec succès le City Concorde, main dans la main avec sa femme, ma fille Claire. Le dernier important agrandissement du City Concorde a eu lieu en 2009 et Bram a alors vu sa surface de vente passer de 8 000 à 10 000m2 !

Au cours de votre carrière, avez-vous émis des réserves quant à investir dans un plus grand projet ? Avez-vous parfois douté ? Et qu'en est-il de la suite des événements ?

Jean Bram : Le risque doit toujours être calculé et il faut être clairvoyant. Je ne me suis jamais lancé tête baissée dans un projet, j'y ai toujours longuement réfléchi. A un certain moment, j'ai dû me développer pour ne pas me faire détrôner. A l'heure actuelle, notre entreprise a atteint une certaine taille, mais Concorde va encore se développer !

Aujourd'hui, je peux dire : Happy Birthday pour tes 40 ans City Concorde. City Concorde - Toujours jeune ! Les familles Bram-Peters et Koster-Bram souhaitent au City Concorde encore beaucoup de succès. Nous souhaiterions également remercier tous les clients qui nous ont rendu visite, car ce sont eux qui ont contribué à façonner l'image du City Concorde.

LA MODE, EXPRESSION DE L’ART DE VIVRE ET DU BIEN-ÊTRE

Il y a 30 ans, la maison de mode Konen de Munich a pris la direction de la maison Bram à Luxembourg. Les deux maisons se sont parfaitement entendues dès le début car l’engagement pour la qualité, le conseil à la clientèle et le service étaient extrêmement marqués des deux côtés et l’est toujours. Vous découvrirez, dans notre interview avec les dirigeants de l’entreprise, Dr Gabrielle Castegnaro, Dr Tobias Ponn et Peter Eberle, que le secteur des magasins de mode est absolument passionnant. Un débat qui porte sur les tendances et les « contre-tendances », sur les intemporels et les péchés de la mode, sur le personnel et la clientèle, ainsi que sur les petites différences subtiles dans le comportement des Luxembourgeois et des Munichois en matière de mode.

Comment définiriez-vous la mode, en fait ?

Peter Eberle : Des vêtements actuels que l’on a plaisir à porter… Un prolongement de la personnalité…

Dr. Gabriele Castegnaro: La mode, c’est de toute façon quelque chose qui change constamment, quelque chose de très individuel. Et elle est de plus en plus individuelle à travers les blogs, à travers divers témoignages et à travers une façon très libre de se situer par rapport à ce que l’on peut porter et par rapport à ce que l’on ne peut pas porter.

Existe-t-il une différence entre la mode à Munich et la mode à Luxembourg et au niveau de l’offre que vous proposez sur ces deux marchés ?

Peter Eberle : Les offres sont principalement les mêmes. Toutefois, malheureusement, nous ne sommes pas livrés pour certaines marques, que ce soit à Luxembourg ou à Munich, même si nous aimerions que ce soit le cas. Ces enseignes sont déjà présentes sur ce marché via un autre commerçant.

Les clients au Luxembourg et à Munich réagissent-ils de manière différente aux offres de mode en général, aux tendances ?

Peter Eberle : Au niveau international, les goûts sont très proches, il y a cependant quelques caractéristiques typiques qui différencient les clients luxembourgeois des clients allemands. Au Luxembourg par exemple, on accorde un peu plus d’importance à l’habillement pendant les occasions officielles, festives. À Munich, ce n’est pas un problème si cinq personnes ont acheté le même vêtement, car la probabilité qu’ils se retrouvent au même événement est infime. En revanche, au Luxembourg, il se pourrait que le voisin porte la même tenue… Ce serait très embarrassant. La clientèle luxembourgeoise préfère la mode plus féminine.

À quoi est-ce lié selon vous?

Dr Gabriele Castegnaro : Il se peut en vérité que cela ait quelque chose à voir avec le fait que Munich soit une grande métropole et que Luxembourg est une ville plus petite. Cela peut également être propre à la mentalité dans la mesure où, les femmes allemandes n’osent pas vivre leur féminité, les luxembourgeoises osent peut-être quand même un tout petit peu plus.

Dr Tobias Ponn : J’ai le sentiment qu’au Luxembourg, il y a plus de sorties sociales qu’à Munich, que la cliente de Munich recherchera plutôt un ensemble pour le bureau, tandis que la cliente luxembourgeoise recherchera plutôt des vêtements pour des fêtes, des communions…

Dr Gabriele Castegnaro: Ce qui est aussi frappant, c’est que les femmes luxembourgeoises, mais aussi les hommes, attachent beaucoup d’importance à la qualité, il faut donc que les articles et la conception soient de qualité et que le résultat final soit à la hauteur des espérances. À Munich, ce n’est peut-être pas si important, on s’intéresse plutôt davantage à une pièce plus à la mode et dont on n’attend pas nécessairement qu’elle soit si décisive de part la conception ou le tissu.

Quel rôle les nouveaux médias jouent-ils aujourd’hui dans la diffusion des tendances de la mode ?

Dr Gabriele Castegnaro: Un rôle très important. La plupart des gens passent au moins quelques minutes par jour sur Internet, beaucoup y passent plusieurs heures. On y trouve bien sûr de plus en plus de pages officielles sur la mode, mais aussi des blogs sur la mode et toutes sortes de pages « officieuses »  qui montrent, non seulement des célébrités et des VIPs arborant les nouvelles tendances, mais aussi des personnes tout à fait normales dans la rue. Il existe un site, « The Sartorialist », sur lequel les gens qui ont un très bon style, ou qui sont habillés de façon élégante ou disons, intéressante sont représentés. Les gens s’informent sur cette manière, ils voient quelque chose qui leur plaît et arrivent au magasin en étant très bien informés sur les marques et sur ce qui est à la mode. Parfois, les collaborateurs doivent vérifier que les informations dont ils disposent personnellement coïncident pour pouvoir également être des interlocuteurs compétents avec ce type de clients.

Quand Konen a repris Bram il y a 30 ans: quel était en ce temps-là, la compréhension de la mode Hommes, Femmes, Enfants, et Jeunes ? Comment se caractérisait le comportement d’achat par rapport à aujourd’hui ? Comment réagissait-on autrefois aux tendances ?

Peter Eberle : Cela a beaucoup changé. Avant, on achetait principalement deux fois dans l’année, il y avait une collection d’été et une collection d’hiver. La période d’achat durait autrefois environ quatre semaines, puis le thème était épuisé. Les acheteurs s’étaient approvisionnés et revenaient en magasin peut-être encore une fois à la fin de la saison pour se procurer des articles qui étaient encore en stock. Aujourd’hui, cela ne passe plus du tout ainsi. En règle générale, l’achat ne s’arrête jamais pour nous : les diverses marques ont dix, voire douze collections par an. Nous devons faire une démarche auprès du fabricant quasiment toutes les quatre semaines et rechercher les thèmes du moment.

Dr Gabriele Castegnaro: Cela a quelque chose à voir avec la vitesse à laquelle les gens sont informés. Plus vite je vois « Just in time » ce que quelqu’un porte dans la rue à los Angeles, plus vite les demandes vers ces tendances émergent, et nous tenons à satisfaire le client aussi bien que nous le pouvons. Ce n’était pas ainsi avant, on donnait aux gens des idées et on leur proposait ce qui était à porter, la situation aujourd’hui est beaucoup plus complexe.

Une mode actuelle vous donne-t-elle des indications sur ce qui pourra être tendance dans les saisons à venir ? Une tendance influence-t-elle la suivante ou les prochaines ? Y-a-t-il une logique ?

Peter Eberle : Oui, bien sûr. En tout premier lieu, les acheteurs apprennent naturellement lors des entretiens avec les fabricants ce qui va être à la mode, surtout au moment des présentations des fabricants…

Dr Gabriele Castegnaro: En vérité, il y a en partie déjà des tendances qui se dégagent avant les foires du tissu.

Peter Eberle : Oui, finalement cela se passe en plusieurs étapes. Les premières pierres sont posées à la foire du fil. Avant que les tissus ne soient crées, on se renseigne d’abord sur les tendances des couleurs dont découlent les tendances pour les tissus, et celles-ci sont alors orientées vers les pièces de vêtements correspondants. Toutefois, en raison du rythme actuel, il y a toujours quelques modifications entre-temps… Au moment où les expositions des designers ont lieu à Milan, les collections classiques sont en principe déjà toutes sur le papier. Cependant, il y a de nombreux fabricants, qui réagissent immédiatement, qui revisitent encore certaines tendances et qui adaptent alors leur collection dans ce sens. Aujourd’hui, il n’y a plus de tendance qui se maintienne la moitié d’une année, c’est plutôt une fraction d’une année.

Dr Gabriele Castegnaro: Il y a aussi une certaine logique dans la suite. Si des couleurs très éclatantes sont à la mode, on peut s’attendre que ce soit suivi d’une période d’accalmie. La question est juste de savoir quand…

La tendance produit des contre-tendances…

Dr Gabriele Castegnaro: Absolument. Dans notre branche d’activité, nous collaborons avec des chercheurs en tendances de mode. Ils sont présents lors des défilés de mode, ils connaissent très précisément les tendances des designers et communiquent à nos acheteurs ce sur quoi ils devraient miser... C’est un conseil certain, je dirais avec prudence, mais pas une garantie !

La recherche de tendance n’est alors pas une science ?

Dr Gabriele Castegnaro: Non, absolument pas.

Dr Tobias Ponn : Ce qui fait la différence au final, c’est l’affectation que nous donnons au personnel, le contact qu’ils établissent avec nos acheteurs, le « feeling », cette sensibilité subtile pour les tendances afin que nous puissions réagir en anticipant. Ceci fait toute la différence en termes de qualité au moment de l’achat.

Ce doit quand même être très passionnant de travailler sur les contre-tendances ?

Dr Gabriele Castegnaro: Eh bien, depuis très longtemps déjà, les pantalons tubes fluorescents pour les femmes, des pantalons étroits aux couleurs très vives, sont à la mode. Toutefois, il n’y a pas réellement de mode qui se détache et qui soit susceptible de se modifier, et cela dure déjà depuis quelques saisons. Cela a quelque chose à voir avec la tendance fondamentale: ces pantalons étroits aux couleurs vives vont aussi très bien aux femmes. Cela durera encore pas mal de temps, et il est également important de le reconnaître. Si une mode se maintient pendant une si longue durée, c’est également l’expression de l’art de vivre, une forme de bien-être: si vous vous êtes habitués à porter de beaux vêtements doux, souples en cachemire, il est très peu probable que vous reveniez à des vêtements rêches, qui ne vont pas parfaitement…

Peter Eberle : Cependant, les designers cherchent toujours à rompre avec les tendances, mais sans succès. Ceci est valable pour les chemises étroites et ajustées: pour les hommes ; cette silhouette mince est aujourd’hui bien ancrée dans les esprits et les habitudes vestimentaires. Les divers designers essaient toujours de relancer à nouveau le costume deux pièces, ou le pantalon à pince, mais les consommateurs ne sont pas prêts à jouer le jeu.

Dr Gabriele Castegnaro: … Il faut aussi viser un public plus large. Certains sont peut-être informés, ceux qui s’y intéressent, mais ces tendances tout simplement ne percent pas. 

Quel péché de mode était-il particulièrement grave au cours des dernières décennies ?

Peter Eberle : Un péché très grave doit remonter aux années 80, et il est revenu dans les années 90: l’orange et le vert pomme…

Dr Tobias Ponn : C’était un rêve des Alpes chauchemare, un véritable rêve des Alpes chauchemare. Ces pièces sont chez nous dans ce que nous appelons la « boîte de Noël », dans laquelle nous mettons ce qui n’est plus du tout vendable…

Dr Gabriele Castegnaro: Je travaillais autrefois au moment de mon bac chez Konen à Munich à la vente, et je me rappelle très bien de ces étalages orange et vert. Cela donnait presque la nausée. Mais ce sont aussi des couleurs qui ne vont à personne, presque personne ne peut porter ces couleurs !

Quelles tendances de mode ou idées de mode sont-elles restées les mêmes au cours des dernières décennies, lesquelles sont-elles devenues intemporelles ?

Dr Gabriel Castegnaro: Alors, ce qui est devenu basique, ce sont naturellement les jeans.

Peter Eberle : Et ce que je n’aurais pas cru possible pour la forme, c’est ce pantalon étroit pour les hommes et les femmes. Ce qui marche toujours, ce sont aussi les chemises infroissables, les pulls en cachemire…

Peter Eberle : Ce qui perdurera certainement aussi, c’est le thème du costume « jeu de construction », une terrible dénomination liée au fait de ne pas avoir à acheter un costume complet, c’est-à-dire pantalon et veste dans la même taille, on peut les mélanger en gardant le même tissu.

Dr Gabriele Castegnaro: L’article qui selon moi n’était plus prisé pendant plusieurs années, mais qui a fait son retour il y a cinq ans, c’est la robe. Elle est devenue un classique, dans des patrons tout-à-fait divers. Une nette tendance qui marque un retour vers la féminité.

Peter Eberle : Pour les dames, on note une évolution vers ce que nous appelons toujours les achats à l’unité. Ainsi, le client n’achète plus un ensemble complet, tout assorti, mais cherchera à associer le pantalon, le haut et le pull-over de plusieurs marques, avec en partie des lignes différentes.

Dr Gabriele Castegnaro: Tout comme par le passé, on achetait une chambre à coucher complète, on choisissait autrefois un ensemble entièrement coordonné, dans le meilleur des cas encore avec les bijoux assortis et avec les chaussures. Aujourd’hui, la tendance est d’associer diverses pièces qui peuvent être également vendues à des prix divers et d’orientations stylistiques différentes. On ne voit pas du premier coup d’œil s’il s’agit d’un article très bon marché, ou d’un article de designer très, très cher. Mélanger cela crée aussi un certain intérêt et l’individualité.

Un slogan de la maison Bram était : « Créer la maison de mode parfaite ». Comment définiriez-vous une maison de mode parfaite ?

Dr Tobias Ponn : La maison de mode parfaite est celle dans laquelle le client se sent bien et dans laquelle il aime bien aller faire ses achats. Cela, on peut rapidement le formuler. La question est seulement, comment savoir ce que le client aime bien et où il se sent bien.

Dr Gabriele Castegnaro: Ce qui est très important chez Bram et ce qui n’est peut-être pas tellement connu au premier abord, c’est le rayonnement des employés qui travaillent dans un magasin comme celui-ci. Si le client entre dans un magasin et est tout d’abord dévisagé de la tête aux pieds, cela produit une toute autre impression que s’il est accueilli chaleureusement et salué amicalement. Ce qui compte aussi, c’est de laisser simplement le client comme ça, de prendre l’être humain comme il est, sans porter de jugement et surtout sans le dévaloriser. Autre élément important : le comportement des collègues entre eux, autrement dit si les collaborateurs vivent dans une culture de la peur, s’ils craignent leur supérieur hiérarchique, s’ils chuchotent ou doivent se cacher… Ou bien s’ils ont une relation ouverte, détendue entre eux. Le client perçoit cela immédiatement !

Par conséquent, pas de succès sans bonne ambiance de travail…

Dr Gabriele Castegnaro: Nous pensons que la manière dont les cadres dirigeants et la direction du magasin traitent les collaborateurs se reflète parfaitement sur la relation du collaborateur vis-à-vis du client. C’est un point extrêmement important ! En effet, dans une activité si intensément en contact avec le client, telle que nous l‘exerçons, la façon dont nous nous comportons avec nos collaborateurs a une importance décisive. 

Comment la direction du magasin Bram atteint-elle cet objectif?

Dr Gabriele Castegnaro: Cela ne fonctionne que si l’on est soi-même prêt à intégrer sa propre part d’ombre. Si, en tant que chef, je suis paresseux, et si je dis « Personne ne me contrôle et je ne demande aussi jamais un feedback », si je n’ai aucune forme d’empathie et encore moins de psychologie pour moi-même, alors, cela sera très difficile, dans une certaine mesure, d’être compréhensif avec celui qui se trouve en face. La manière dont on se comporte tout d’abord avec soi-même est la condition nécessaire la plus importante qui détermine comment l’on se comporte avec d’autres personnes et combien de valeur l’on accorde en général à la qualité des relations.

Je pense déjà qu’à la direction du magasin, nous nous sommes soumis intensivement à l’une ou l’autre mesure, et cela, nous l’attendons aussi de nos collaborateurs. Nous attendons que quelqu‘un, en tant que personne, souhaite se perfectionner, que l’on ne se laisse pas aller et que l’on ne prétende pas que l’on est génial comme on est, et que si quelque chose ne va pas, c’est de toute façon les autres qui sont responsables. Ceci comprend également la faculté de voir quel est l’effet que nous produisons sur autrui, quels sont nos points faibles. Il est essentiel d’avoir la volonté de prendre ceci en considération de la manière la plus avenante, de l’accepter et même d’améliorer le contact relationnel. C’est cette condition de base, cette forme d’estime et de respect à l’égard de soi et donc également à l’égard des autres. Il convient que mon semblable remarque que je suis amical, que je me dirige vers lui avec respect et que je ne m’emporte pas au moindre prétexte. Il est également fondamental que l’on dissocie très nettement, en tant que chef, de ce qui relève de l’aptitude à savoir ce qui s’est passé, des personnes concernées et de leurs actes. Personne ne sera jamais quelqu’un de mauvais parce qu’il n‘aura pas monté la bonne paroi ou parce qu’il aura fait une mauvaise décoration. Faire cette différence est un point extrêmement important. Ainsi, il y a beaucoup de petites choses qui exigent de l’attention et que nous essayons d’éveiller et de prendre en considération chez le client et chez Bram. Pour atteindre cet objectif, nos collaborateurs sont responsables. Néanmoins, ils doivent aussi savoir se comporter avec des gens qui ne jouent pas le jeu, ils doivent fixer des limites très nettes. Il n’est pas question de sous-estimation, mais combien de gens ne veulent pas clarifier tout simplement les choses avec eux-mêmes. La condition de base pour que quelque chose puisse se développer et que l’on puisse évoluer. Quelqu’un qui se perçoit toujours comme une victime  et qui dit qu’il ne peut de toute façon rien changer, ne sera certainement pas heureux chez nous.

Dr Tobias Ponn : Au cœur de l’affaire, nous sommes finalement une entreprise qui fait du commerce économiquement. Nous attachons de l’importance à la création d’un environnement de travail dans lequel le collaborateur puisse se développer, s’épanouir et exceller, c’est pourquoi il faut aussi que de l’autre côté, on fasse clairement comprendre que cette performance est exigée à un deuxième niveau.  

Dr Gabriele Castegnaro: Une interview avec Konen avait été réalisée, elle avait pour titre : « Nous ne sommes pas un cabinet thérapeutique ». Il ne nous appartient pas d’améliorer le monde ou d’aborder des choses vraiment profondes sur le plan psychologique. Nous sommes d’avis que chacun est responsable de lui-même et que chacun décide, en tant qu’individu sain et libre, s’il veut venir chez nous et se soumettre à nos mesures de perfectionnement. Ce qui fait que nous devons également mettre une barrière très claire, si cela devient pathologique, car nous n’avons pas d’exigence en matière d’amélioration ou de guérison. Mais cela, beaucoup le confondent.

Vous n’étiez pas présents tous les trois quand Konen a repris la Maison Bram, il y a 30 ans. Mais des cultures d’entreprise semblables n’ont-elles pas également amené la fusion des deux entreprises ?

Peter Eberle : Je peux très bien me représenter qu’à l’époque, quand Messieurs Bram et Dr Godl se sont rencontrés et qu’ils ont discuté de la reprise, les valeurs des deux maisons étaient plutôt très proches.

Dr Gabriele Castegnaro: Je crois qu’en ce temps-là, ces choses se sont faites sans qu’on en ait conscience. Il y avait sans doute beaucoup d’éléments qui concordaient. Nous, la jeune génération, avons commencé, il y a à peu près treize ans, à nous occuper intensivement de ces choses. Nous avons tout d’abord regardé chez nous où cela accrochait à vrai dire, puis nous nous sommes approchés de ce thème. C‘est toujours une grande mission que d’intégrer dans la culture Konen la filiale à Luxembourg, qui est très éloignée pour nous.

Peter Eberle : Cela faisait partie des habitudes de Konen et de Bram d’organiser régulièrement des fêtes d’entreprise pour les collaborateurs. Nous voulons non seulement travailler ensemble, mais aussi nous partager de bons moments. Il est important pour nous de ne pas trop confondre Bram et Konen, mais nous souhaitons que les collaborateurs sur les deux lieux d’activités se connaissent.

Dr Gabriele Castegnaro: Je souhaiterais quand même souligner qu’à la fois chez Konen et chez Bram, on aime vraiment faire la fête. Nous avons un véritable esprit de fête. 

Sur ce point les Luxembourgeois et les Bavarois sont très proches…

Dr Gabriele Castegnaro: Oui, sur ce point ils sont très semblables. D’ailleurs, les cadres dirigeants luxembourgeois vont venir cette année à la fête d’octobre à Munich…

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